Yamoussoukro-Yakro pour les intimes.

Yamoussoukro-Yakro pour les intimes.
IMG_8816

Ça faisait longtemps que je voulais voir de mes propres yeux cette basilique hors norme. La plus haute du monde, dépassant celle de Basilique Saint-Pierre de plus de 20 mètres. Un hommage construit en plein milieu d’une cocoteraie. Un rêve fou. Démesuré, diront certains. Le rêve de Félix Houphouët-Boigny.

Lorsque je suis venu ici en 1989, Houphouët-Boigny était encore à la tête de la Côte d’Ivoire — cette « perle » d’Afrique de l’Ouest — qu’il dirigeait d’une main ferme, à la fois idéologiquement, économiquement et politiquement. Je me souviens très bien de « l’homélie du Président » à la télévision tous les dimanches, du mot du Président à la radio chaque jour, de son image omniprésente.

N’était-il pas celui qui avait négocié l’indépendance avec la France en 1960 ? N’était-il pas aussi l’un des derniers grands dirigeants de son époque, s’éteignant en 1993 à 88 ans ?

Un héros pour certains.
Un symbole de culte de la personnalité pour d’autres.

Un phénomène que l’on retrouve encore aujourd’hui dans plusieurs régimes — et pas uniquement dans les pays dits « en développement ». Mais bon… je m’égare.

Revenons à Yamoussoukro — « Yakro ».

C’était son village. Son lieu de naissance. Et il a décidé d’en faire la capitale. De déplacer une partie des activités d’Abidjan, là où tout se passe, vers cette ville située à près de 300 km plus au nord.

Une volonté politique, certes teintée d’objectifs de rééquilibrage économique… mais aussi de dynamiques ethniques et territoriales. Cette décision s’est transformée en un immense chantier qui a littéralement créé une ville, avec ses monuments et ses institutions.

Et au cœur de tout cela : la Basilique Notre-Dame-de-la-Paix.

Une œuvre impressionnante. La plus large basilique du monde (150 mètres contre 115 pour Saint-Pierre), construite pour plus de 120 millions d’euros — environ 6 % du PIB du pays à l’époque. Inaugurée en 1990 par Jean-Paul II.

Petite anecdote personnelle : en 1989, lors de ma première visite, je suis passé au-dessus en avion Cessna. Je réalisais alors un reportage pour un magazine culturel, suivant un rallye aérien qui survolait la basilique. Une autre époque.

Mais au fond… ces édifices monumentaux ne sont-ils pas toujours des marqueurs d’histoire ?

Que serait Paris sans la Tour Eiffel ?
New York sans la Statue de la Liberté ?
Montréal sans le Stade olympique de Montréal ?
Ou encore les pyramides de Gizeh ?

Si Houphouët-Boigny voulait qu’on se souvienne de lui… je crois qu’il a réussi.

Marcher dans ces espaces est saisissant. Entre ces colonnes immenses, je ne pouvais m’empêcher de faire des parallèles : la Mosquée Hassan II, l’Arc de Triomphe… Des lieux où la grandeur dépasse presque l’humain.

À travers les époques, ces dirigeants — souvent portés par un ego à la hauteur de leurs ambitions — cherchent à inscrire leur trace dans le temps.

Mais la visite ne s’arrête pas là.

La Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix est elle aussi impressionnante. Un bâtiment gigantesque, avec des centaines de salles, deux amphithéâtres (400 et 2 000 places), et surtout… de longs corridors presque vides.

Quelques employés veillent à l’entretien. Les guides sont parfois les pompiers de garde dans le bâtiment.

Encore une fois, des lieux immenses.
Et souvent… étonnamment vides.

https://www.fondation-fhb.org/

Et au-delà des lieux, ce voyage a surtout été marqué par les rencontres.

Un superbe moment passé avec mon frère Roland — « Garros Roland » — celui qui m’avait accueilli chez lui en 1989. Le retrouver, passer deux jours ensemble… simplement précieux.

Sans oublier Rodrigue, notre chauffeur, avec qui les discussions ont été riches, humaines, vraies.
Et la fantastique Nathalie, qui nous a guidés dans la ville avec générosité, et nous a fait découvrir le meilleur poisson d’eau douce de la Côte d’Ivoire.

Bourlinguer comme coach, c’est déjà une chance.
Mais réussir à s’arrêter, à prendre deux jours comme ceux-là… c’est encore autre chose.

(Je vous rassure, j’ai quand même un peu travaillé… il faut bien.)

Je vous laisse quelques photos en vrac.
N’hésitez pas si vous avez des questions.

Merci la vie.

Steph
Le Coach Voyageur

PS : Anecdote cocasse — j’ai appris que je partage la même date d’anniversaire que la Première Dame de la Nation sous le règne de Félix Houphouët-Boigny, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny… pas mal quand même !